Commençons par un commencement. [ Je voudrais connaître par coeur ton ciel intérieur. Tu sais ce qu'il nous reste à faire ... ]>> >> >> Ecouter !!!

Commençons par un commencement. [ Je voudrais connaître par coeur ton ciel intérieur. Tu sais ce qu'il nous reste à faire ... ]>>     >>     >>   Ecouter !!!
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Hey !

________Wir sind ... *alles zusammen* Teddy und Gummy.



_____Maintenant que les présentations ont correctement été clamées, nous nous devons de vous souhaiter la Bienvenue dans notre antre moderne et perverse. Ainsi que vous mettre en garde quant au contenu de ce qui vous attend, autrement dit des scènes pour le peu explicites et démonstratives. Au delà des personnages émoustillés des découvertes qu'ils pourront faire, des âmes prudes pourraient se retrouver choquées en bon milieu de chapitre. C'est pourquoi nous vous demanderons de juger par vous même votre aptitude à pouvoir apprécier de tels écrits, et déclinons toute responsabilité de notre part.

Voilà qui est fait. __________________

_____Pour information, aussi futile soit-elle, tous deux n'avons encore jamais tenté de nous approprier cet univers qu'est le YAOI. N'en tenez pas compte, ne soyez pas indulgents pour cette bonne et simple raison, mais ne nous comparez pas à de grandes figures maîtres de cet art, nous savons pertinemment que nous ne faisons pas le poids. Nous sommes Teddy & Gummy. Pas Nokaia, Cynical_Terror, Undrocknroll, ... ou qui sais-je d'autre qui pourrait être votre modèle en matière de perversités.


Etwas weiter zu sagen ? ________________________



_____-Gummy' : Alors, une petite présentation afin que vous connaissiez mieux ma petite personne. Je me dévoile donc.
Qui suis-je? Bonne question. Une personne tentant vainement de se fondre dans la société.
Seize ans et demi, toutes mes dents. Je vais entammer ma Terminale avant d'être lachée dans la gueule du loup. Je kiffe Indochine à un point inimaginable, d'où la chanson. On peut dire que les paroles de cette chère Vibrator nous ont inspirés. Allez, je vous vois déjà, ne faites pas les choqués! Vous n'avez pas attérris ici dans l'innocence de l'enfance.
Sinon, je suis une Tomophile dans l'âme. Et je n'ai presque pas honte de le dire.
A part ça me direz-vous? Humour noir, très noir. Et pervers aussi, très pervers. Les apparences étant bien évidemment trompeuses personne ne devine ce qu'il se cache derrière mon petit sourire d'ange.
Mais là est tout le jeu n'est-ce-pas?
______ Car on possède tous un visage caché demeurant dans la pénombre...



_____-Teddy+ : Bon. Pourquoi ne pas approfondir les présentations ? ____ Je suis un spécimen relativement rare se fondant dans la société pervertie actuelle. Ce n'est pas beau ça déjà ? Je fais preuve d'efforts surhumains pour survivre. Si, si, je vous assure que ce n'est pas de la blague.
Je suis en dernière année de lycée [enfin, ou déjà, selon les avis] & j'ai pour ambition, après avoir obtenu un diplôme universitaire digne de ce nom, de me consacrer à la débauche. Quel programme !
Ensuite, je suis un tomophile fini à brûler avec des feuilles de cannabis. Et oui, des cas désespérés comme moi, il en existe encore. Ca pousse même comme de la mauvaise graine. Pauvres parents et présidents._________________________Sur ce, enjoy ! : )




# Posté le mardi 08 juillet 2008 15:25

Modifié le jeudi 28 août 2008 10:49

[ Entrée en matière ]Rentrons dans le vif du sujet, s'il vous plaît.By Gummy.

[ Entrée en matière ]Rentrons dans le vif du sujet, s'il vous plaît.By Gummy.
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____________________Bien & Mal________________Paradis & Enfer
____Amour & Haine____________________________________________________________Ying & Yang
_________________________Blanc & Noir__________________________Chaud & Froid
_______Ciel & Terre_______________________Homme & Femme


La frontière est si mince entre ces différents opposés. Un pas et l'on plonge dans cet autre si proche...
A la base ils ne formaient qu'un. De l'homme est née la femme. De l'amour est née la haine. Du ciel est née la Terre.

De Bill est né Tom__________________

Ou vice versa. C'est du pareil au même, cela reviendrait à décider qui de la poule ou l'oeuf est apparu le premier. Dilemme éternel, l'un ayant besoin de l'autre pour exister sans quoi s'en suivrait le néant...



___Dans la lumière ils sont, alors que cette infime partie d'eux reste dans l'ombre ;
____Une face cachée demeurant dans la pénombre ;
___Bien plus que fraternelle, leur relation est fusionnelle ;
____Une figure dont les deux moitiés sont complémentaires .

De l'amour fraternel à l'inceste fusionnel.


Il peut être dangereux de souhaiter replonger dans son enfance...

________ Vous voilà prévenus.


# Posté le mercredi 09 juillet 2008 12:01

Modifié le jeudi 24 juillet 2008 15:32

[ Kapitel Ein ]Quand les escaliers les y mènent...By Gummy & Teddy.

[ Kapitel Ein ]Quand les escaliers les y mènent...By Gummy & Teddy.
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_____Il déambule dans la cour, chacun de ses pas raisonnant bruyamment contre les pavés. Il la parcourt de long en large. Longueur, largeur, diagonale, tout y passe. A tel point qu'il en attrape le tournis. Des gouttes de sueur perlent à la base de son front, dévalent ses joues et atterrissent dans le creux de son cou. Peut-être cela est-il du à l'étouffante chaleur plombant l'atmosphère, ses nombreuses couches de tee-shirts et de bandeaux soutenant ses dreads, ou simplement à cette angoisse l'envahissant peu à peu. Car oui, il en est presque effrayé. Si quand tout lui avait été exposé dans les moindres détails, il s'était avéré confiant, désormais il doute. Un malheur est si vite arrivé. Combien d'interventions de ce type, si anodines que celle-ci, ont déjà pu mal tourner ? Combien de complications sont déjà venues interrompre la vie d'un patient ? Et si ce cas de malchance tombait sur lui, son double allongé dans le bloc opératoire, sa moitié, son jumeau, son âme s½ur ? Et lui, que deviendrait-il, seul ?

_____Le ciel bleu lui parait si fade, les gens alentours sans vie, alors que sa tête est au bord de l'explosion tout comme son c½ur qui bat à une cadence infernale. Les secondes, les minutes s'écoulent à une vitesse affligeante. Tous les sons lui parviennent comme en écho, en arrière fond, sa vue se trouble. Il s'appuie au mur pour ne pas vaciller, la peur atrophiant ses muscles. Il sent ses genoux fléchir sous son poids devenu trop important. Il se penche vers le mur, s'y adosse et s'effondre. Il s'écroule littéralement sur le sol bouillant de cette cour d'hôpital. Son regard se perd dans le vide, au-delà de ses pieds. Ses yeux sont dénués d'expression, ses mains agrippent son jean trop large pour ses jambes frêles. Il ressent ce besoin d'occuper ses mains, de se donner une certaine contenance. Alors, à défaut de pouvoir déverser son trop plein d'émotions sur les cordes de son deuxième amour, il enfouit ses doigts dans la poche droite de son baggy et en extirpe un paquet de Marlboro. Plus que trois. Il va falloir être raisonnable pour tenir le plus longtemps possible. En attendant, cette dose de nicotine lui est essentielle pour ne pas sombrer, pour conserver un minimum d'esprit. Alors qu'il refourre son paquet au fond de sa poche, il attrape son briquet et l'amène, d'un geste tremblant, près de son visage pour allumer sa clope. Ces mouvements incertains lui rappellent vaguement la première fois qu'il s'était aventuré à tirer sur une cigarette avec son frère. Bill, d'un air assuré, n'avait pas hésité une seule seconde à tenter l'expérience et l'avait tendue à Tom pour qu'il en fasse de même. Aujourd'hui, Bill n'est pas là pour veiller sur ses gestes et lui indiquer comment agir. C'est à lui maintenant de veiller sur lui. Machinalement, il aspire deux bouffées de suite, inspire de l'air et attend. Il essaie de s'imaginer la fumée parcourir son corps, il se change les idées comme il peut. Au bout d'un temps, il manque de souffle et recrache tout ce qu'il lui reste dans les poumons. Il observe, les yeux vers le ciel, tout ce qu'il a pu rejeter. Il grogne lentement, relâche ses paupières tout en balançant sa tête contre les briques, sa clope, se consumant entre ses doigts sans même qu'il ne s'en rende compte. Il ne songe plus à elle, toutes ses pensées sont tournées vers son frère. Il planerait presque dans ses souvenirs tant ceux-ci sont forts et précieux.


_____Il perçoit au loin des bruits de pas qui claquent au sol, des portes qui s'ouvrent et se referment mais ne réagit pas. Il s'en contre fiche de savoir qui peut bien s'aventurer dans la cour qu'il s'est maintenant appropriée. Une voix nasillarde et pour le moins agaçante lui parvient en écho, et le tire sauvagement de ses pensées. Cependant, il persiste et l'ignore, crispant davantage ses paupières, comme si ce geste pouvait le maintenir encore un peu hors de la réalité. Cette personne ne semble pourtant pas comprendre qu'il aspire au calme et à la solitude de telle sorte qu'une main se pose bientôt sur son épaule et le secoue doucement d'abord, violemment ensuite.


- Ca va monsieur ?

_____Pour seule réponse, il grogne, l'air de demander la paix. La personne n'en tient pas compte et continue.


- Le règlement de l'hôpital stipule clairement qu'il est interdit de fumer à l'intérieur des bâtiments.

_____Il relève, blasé, les yeux vers son interlocuteur et toise l'infirmière qui lui fait face. Pour qui se prend-elle ?


- On n'est pas à l'intérieur que je sache !

_____Vexée, l'employée fait volte face et traverse la cour pour reprendre son boulot. C'est alors que Tom pose ses yeux sur une jeune stagiaire suivant de près l'autre emmerdeuse. Les cheveux blonds au vent, laissant entrevoir un visage aux traits bien dessinés, une démarche accentuant son mouvement de hanche et mettant en évidence sa forte poitrine. Sa blouse d'infirmière remonte au dessus de ses genoux, à hauteur du mi cuisse. Il l'a face à lui, le cliché du fantasme de l'infirmière. Et pourtant, il reste de marbre. Cette vue d'une jeune femme si attirante le laisse complètement froid, totalement indifférent. Son cerveau est focalisé par delà son corps, dans une petite salle où plusieurs médecins s'affairent autour de son frère, rien d'autre ne l'atteint. Lui qui ne prétend penser que via son bas ventre se juge beaucoup trop émotif ces derniers temps.

_____N'en pouvant plus de rester là, affalé, à ne rien faire, il se redresse vivement et décide de partir à la quête de nouvelles de son jumeau. Il longe les murs, son équilibre toujours peu stable, jusqu'à la porte d'entrée. Ses pas le guident vers les ascenseurs où il appuie sur la touche du septième étage. La cabine entame son ascension qui lui semble durer une éternité. Quand une voix féminine annonce enfin l'ouverture des portes, il se rue à l'extérieur et s'élance vers le premier bureau qu'il trouve. Il ne compte pas s'éterniser, cette ambiance lui a toujours déplu. Cette odeur, ces couloirs, ce carrelage trop blanc, ces chambres impersonnelles, cet air grave qu'affiche les employés, ... Tout ça le rend extrêmement mal à l'aise et ravive des souvenirs douloureux. Il frappe timidement du poing contre le comptoir et attend qu'on daigne s'occuper de lui, sans grand succès. Il se racle alors la gorge pour signaler sa présence au corps médical. Un homme en blouse verte débarque derrière lui et l'interpelle. Tom pivote avec vivacité et l'interroge.


- Puis-je vous aider monsieur ?
- Comment va mon frère ?

_____Etonné par tant d'agressivité, le médecin écarquille les yeux et le considère avec appréhension.


- Votre frère ?
- Bill Kaulitz !!

_____Il lève les yeux au ciel, exaspéré par tant d'incompétence de la part d'un individu que l'on ose qualifier de professionnel.


- Deux petites secondes que l'on cherche dans les dossiers et je vous renseigne ...

_____Pour lui, ces deux minuscules secondes sont de trop, il profite de l'inattention du jeune médecin pour se faufiler à travers les couloirs et guetter le moindre signe de vie. Chambre après chambre, il appelle silencieusement son jumeau mais il ne l'aperçoit toujours pas. Et si ... ? Non, il chasse instantanément cette sombre pensée de son esprit et poursuit ses recherches, plongeant son regard dans les embrasures des portes. Le désespoir le gagne petit à petit à tel point qu'il en perd à nouveau l'équilibre, il s'emmêle même les pieds avant de trébucher et de continuer son chemin, animé par le besoin de voir son frère.


- Aïe, s'écrie une petite voix.

_____Tom sursaute, se retourne lorsque ses yeux se posent sur un petit garçon d'à peine six ans.


- Pardon. Pardon. Pardon, s'empresse-t-il d'ajouter.

_____Ce gamin, terrifié face à l'adolescent se dressant devant lui, semble se recroqueviller comme pour éviter les coups. Tom lève un sourcil et le détaille. Sa peau est comme livide, transparente ; ses yeux, sans éclat, renvoie un sentiment de vulnérabilité, ses cheveux sont enfouis sous une casquette de baseball bien vissée sur son crâne ... Son regard plus particulièrement interpelle le grand. Ce regard plein de méfiance qu'il lui adresse. Il s'accroupit à la hauteur du gamin pour le rassurer et lui sourit gentiment.


- C'est rien, t'inquiète. Je regardais pas où j'allais. Je t'ai pas fait mal, au moins ? s'inquiète-t-il.

_____Surpris, le garçon reste bouche bée. Il ne s'attendait pas à une telle question.


- Euh. Ca...euh, oui ça va... je crois, balbutie-t-il.
- Bien, tant mieux. Comment tu t'appelles ?
- Hadrien, monsieur Tokio Hotel.
- Ah, je vois que tu me connais, rigole Tom. Tu ne saurais pas où je
- Le monsieur avec la perruque est dans une chambre là bas plus loin, le coupe-t-il en pointant du doigt le coin du couloir.
- Avec la perruque, s'étonne Tom.
- Ben oui. Le monsieur qui crie et qui a la coiffure de Mufasa. Vous savez, le papa de Simba.
- Eh, je connais mes classiques ! Me prends pas pour un inculte non plus, le taquine-t-il. C'est mon frère. Tu peux me conduire jusque là ?
- Bien sûr monsieur.
- Tu peux m'appeler Tom.
- Ca marche, Tom, répète-t-il.

_____Tom se redresse, soulagé de savoir enfin où se trouve Bill, et attrape la main du petit dans la sienne. Celui-ci le tire activement vers le couloir perpendiculaire au leur.


- Au fait, qu'est-ce que tu fais dans un endroit pareil ? C'est pas top un hosto pour un p'tit gars comme toi.
- Euh... Je... En fait... Je suis tombé dans les escaliers, hésite-t-il à confier. Ils sont très pentus, vous savez, ajoute-t-il comme pour se justifier.
- Ah, laisse Tom s'échapper, les yeux se perdant à nouveau dans le néant, moi aussi je suis déjà tombé dans les escaliers quand j'étais petit.

++++++++++++++++-++-+'++++++_ Flash Back-_+++++++++++++++++++++'++++


- Maman, j'ai mal quand je tourne la tête.
- Je sais mon chéri, on arrive bientôt.
- Maman, Tom arrive plus à bouger ses doigts ! intervient Bill.
- Ne t'en fais pas Bill, les médecins vont arranger ça, c'est comme des magiciens.
- Et si le tour de magie, il marche pas, s'inquiète Bill, il pourra plus jouer de la guitare !
- Les médecins, c'est les meilleurs magiciens du monde, Bill. T'en fais pas pour moi, tout ira bien.
- Dis moi, qu'est-ce que t'as fait pour être arrangé à ce point ? interroge enfin sa mère, à mi chemin entre leur maison et l'hôpital.
- Erm..., s'étouffe Tom.

_____Sentant la détresse de son frère, Bill saisit sa main, la serre contre lui et répond à sa place.


- Il a trébuché au dessus des escaliers et a tout dévalé.
- Ah Tom... Toujours aussi maladroit,
relativise leur mère, tu ne changeras jamais.

[ Oui, c'est ça... Tom est maladroit ]

++++++++++++++++-++-+'++++++_ Flash Back-_+++++++++++++++++++++'++++

- Voilà, c'est ici. Mais tout à l'heure, il ronflait.
- Ouais, je sais, rit Tom, il fait pas mal de bruits quand il veut, pour ne pas dire tout le temps. Il aime attirer l'attention. Tu veux entrer ?
- Je voudrais pas déranger, dit-il.
- Fais pas d'histoire. Tu rentres et c'est tout. Et puis ça fera plaisir à Bill. Il va se sentir aimé mais ne te sens pas obliger de jouer la comédie pour son ego, ajoute-t-il dans un clin d'½il.

_____Il pousse alors la porte et pénètre dans la chambre, Hadrien sur ses talons. Dès leur entrée, Bill redresse négligemment la tête et lance un regard heureux à Tom, lui criant, dans son silence forcé, qu'il n'attendait que lui. Ensuite, il aperçoit Hadrien à qui il adresse un petit sourire attendrissant.


- Ca t'a traumatisé à ce point que t'écris déjà, lance Tom en saisissant les quelques feuilles posées sur ses genoux.

_____Il les parcourt du regard et réalise qu'il a déjà remplit les moindres petits blancs du papier.


- Hadrien, tu peux me ramener un bloc, ils se trouvent sur l'étagère, là, indique Tom en montrant le côté opposé de la chambre.

_____Le gamin s'exécute et file chercher un tas de feuilles. Bill le suit du regard, émerveillé par la serviabilité et la naïveté de ce petit être. Hadrien, trop petit pour atteindre le dernier étage du meuble, s'étire de tout son long, se hisse sur la pointe des pieds, étend les bras au dessus de sa tête, laissant entrevoir la peau du bas de son dos, et attrape tant bien que mal le bloc. Bill fronce les sourcils et jette un regard presque horrifié à son frère. Celui-ci semble vite comprendre. Lui aussi a vu, furtivement, ces traces bleuies, preuves de maltraitances sur le corps d'Hadrien.


- Oui, Bill, chuchote-t-il, lui aussi est tombé dans les escaliers.

# Posté le jeudi 24 juillet 2008 17:38

Modifié le jeudi 28 août 2008 10:58

[ Kapitel Zwei ]Seulement lui. Personne d'autreBy Gummy & Teddy.

[ Kapitel Zwei ]Seulement lui. Personne d'autreBy Gummy & Teddy.
_____Les clefs cognent à plusieurs reprises contre la ferraille de la serrure, sans jamais y entrer. Tom, trop occupé à profiter de la présence de son jumeau, ne se soucie nullement du temps qu'ils peuvent passer sur le seuil de leur appartement. Bill, cependant, n'est pas du même avis. Dans le dos de Tom, il sautille, danse, trépigne d'impatience. Des mois qu'il n'a plus mis les pieds chez eux, cela lui a manqué. Son grand lit deux places si moelleux et confortable qui a vu défilé déjà tant de conquêtes, leur écran plasma dernier cri, leur tranquillité qu'ils ne retrouvent qu'en ces lieux, leur bordel légendaire, et surtout la vue imprenable sur la métropole d'Hambourg. Oui, tout cela lui a vraiment manqué. Alors, à la fois exaspéré et amusé de la lenteur déconcertante de Tom, il lui arrache les clefs des mains et les introduit nerveusement dans la serrure. Bill devine un sourire presque moqueur sur les lèvres de son double mais n'y prête aucune attention. Hésitant entre se précipiter à l'intérieur directement et faire durer le plaisir, il pousse la porte et découvre le hall illuminé par la baie vitrée. Il ose un pas sur le parquet, puis deux et finit par s'arrêter. L'atmosphère des lieux l'envahit, l'apaise instantanément. Il est de retour à la maison. Ses yeux parcourent ébahis les moindres détails de la pièce.


- Vas-y Bill. Encore un pas et t'es dans le salon, l'encourage Tom, narquoisement.

_____Bill se retourne, s'apprête à riposter quand il se souvient soudainement qu'il lui est interdit d'ouvrir la bouche pour produire des sons, quels qu'ils soient. Il le fusille alors du regard pour lui signaler qu'il n'est pas d'humeur à plaisanter.

_____Conscient de sa connerie, Tom s'approche et l'attrape par les épaules.


- No stress petit frère. Doit bien y avoir quelque chose dans les placards pour que tu puisses me dévoiler le fond de tes pensées.

_____Il l'abandonne quelques instants pour disparaître à l'étage. Bill en profite pour redécouvrir les lieux. Il s'affale dans le sofa, fait glisser le bout de ses doigts sur le sommet des meubles récoltant ainsi quelques poussières au passage, il est certain qu'ils n'ont jamais été très doués pour le ménage, et ouvre le frigo, essayant de deviner quel sera leur prochain repas.

_____Alors que son choix balance entre des omelettes et des croques monsieur, la voix grave du dreadeux raisonne dans tout l'appartement.


- Bill ? T'es où ?!!

_____Bill sourit, refermant le frigo, mais ne bouge pas pour autant. Qu'il cherche un peu, tiens !


- BILL ? hurle-t-il. Je sais que tu peux pas me répondre mais viens ici... Ou si tu peux pas parce qu'un avion s'est écrasé ou je sais pas trop quoi, fait du bruit, ou quelque chose, merde !

_____L'intéressé s'adosse au frigo, les bras croisés, satisfait de la réaction qu'il provoque chez son frère. Comprenant que Bill ne daignera donner signe de vie, il se lance à sa recherche, pestant intérieurement contre ce dernier. Il ne tarde pas à débouler dans la cuisine et à découvrir Bill, peinard à l'attendre.


- Tu fais chier, vieux.

_____Pas plus touché que ça, Bill récupère le cahier des mains du guitariste, saisit un stylo posé sur le plan de travail et griffonne rapidement quelques notes qu'il tend à Tom.


- T'as eu peur, avoue. Peur ? Moi, peur ? Mais peur de quoi ? T'es con ?

_____Bill lève les yeux au ciel, n'étant pas dupe. Il connait son frère et sait pertinemment qu'il ne sait mentir qu'au sujet de ses aventures. Il renchérit donc.


- AHAH. Tu peux me le dire, je risque pas de le répéter, lit Tom.

_____Plus bas sur la page, un peu à l'écart du reste, Tom remarque quelques traits.


- Mens pas, Hadrien m'a tout raconté.

_____Tom se tait, cherche une excuse à servir à son frère mais semble sècher.


- Bon ok, j'avoue. J'ai eu UN PEU peur, se résigne-t-il.

_____Le brun soulève la main et rapproche son index de son pouce, relevant un sourcil, l'air d'insister. "Juste UN PEU?! XD"


- Beaucoup, soupire Tom. Mais comment tu veux que je reste zen alors que des inconnus te charcutent, t'ouvrent la gorge. Imagine que l'un d'entre eux ait été un anti Tokio Hotel, il aurait très bien pu t'égorger ! Ou si l'une de leurs filles avait été fan, son père aurait pu vouloir lui ramener un bout des cordes vocales sacrées de Bill Kaulitz. Et si il y avait eu une panne de courant, hein ? Un petit mouvement de travers et c'est FINI ! Ou pire, dit-il en agitant les bras dans tous les sens, imagine qu'un des chirurgiens ait eu d'horribles problèmes gastriques ce matin-là et que pour atténuer sa puanteur buccale, il ait mangé un chewing gum, si par malheur il avait toussé à ce moment-là, son chewing gum aurait pu atterrir en plein sur une de tes cordes vocales si précieuses pour nous tous et là, terminé à jamais ! A cause d'un bête machin ayant collé ta gorge U__U

_____Entre l'envie de rire face à ce discours mouvementé et l'envie de le serrer fort dans ses bras, Bill pose un index sur la bouche de son frère, lui assure que, maintenant il est là, à ses côtés, sain et sauf.


- Hum après cette séquence émotion, va regarder un film, je m'occupe de tout.

_____Apeuré, Bill lui lance un air sceptique. De quoi compte-t-il s'occuper au juste ? Tom, en bon jumeau, s'aperçoit du malaise gagnant son frère et intervient.


- Et non. Pas de pizza. Et même si t'en voulais une... Tu l'appelles comment ton livreur ? Condamné à déguster mes pâtes sauce maison, Billou ! s'écrie Tom, fier de pouvoir enfin démontrer ses talents culinaires à quelqu'un.

_____Résigné, le dénommé Billou se dirige en trainant les pieds vers le salon. Il ouvre l'immense meuble où tous leurs DVD sont classés par ordre de genre et alphabétique, la seule et unique chose dans cet appartement, à l'exception des guitares de Tom, qui soient correctement ordonnées. Il balaye du regard les différentes rangées, ne trouvant pas l'inspiration. Quel film va-t-il bien pouvoir visionner ? Il continue son inspection lorsque ses yeux s'attardent finalement sur le bloc des séries. Prison Break. Ca devrait l'occuper pendant un bon bout de temps. Il sort la première saison, l'introduit dans le lecteur et s'installe confortablement entre les coussins du divan. Il entame le premier épisode, le deuxième, au moment où Michael s'apprête à entrer en contact avec T-Bag pour la première fois, Tom surgit triomphalement dans la pièce, brandissant son plat de pâtes.


- A table ! Enfin non, reste là. On a qu'à profiter d'être que tous les deux pour dîner devant la télévision.

_____Joignant l'acte à ses paroles, il pose délicatement une assiette débordante devant son frère qui s'empresse de noter une nouvelle phrase. « Et toi, t'en manges pas ? oO »


- Oh t'en fais pas pour moi. J'ai grignoté en te préparant ça. Ca donne faim de cuisiner si longtemps. J'ai pas pu résister quand je suis tombé sur les prunes. E puis, ça en fait plus pour toi.

_____Ne sachant s'il doit être touché ou méfiant par de telles paroles, Bill s'empare de l'assiette et apporte la fourchette à sa bouche en plusieurs mouvements, manquant plusieurs fois de prétendre un manque total d'appétit. Il se force cependant à en avaler une bouchée, et plusieurs autres consécutives sans ne remarquer aucun goût particulièrement désagréable. Bill se risque même à tourner la tête vers Tom pour le féliciter, lui faire comprendre qu'il n'est pas une si grande catastrophe derrière les fourneaux. Ses lèvres s'étirent doucement en un petit sourire lorsqu'un goût à la fois amer et sûr envahit progressivement son palais et ses papilles. Il se stoppe net et écarquille les yeux de telle sorte que l'on pourrait comparer son expression à une moue d'extase.


- C'est bon à ce point là ?! s'exclame Tom

_____Conscient de l'ambiguïté de la situation, Bill s'immobilise, s'enfonce profondément [XD] dans les coussins moelleux et se concentre pour tenter d'avaler sans trop de dégoût apparent cette mixture au goût répugnant. Il acquiesce ensuite, préférant conforter son frère dans l'idée qu'il est un chef plutôt que de le vexer. Alors, mettant sa fierté de côté l'espace d'une seconde, il ose une dernière bouchée afin de terminer son assiette.


- T'en veux une deuxième louche ?

_____Le dreadeux prononce cette unique phrase tout en sautillant puérilement sur son siège. Effrayé par cette simple ide, Bill écarte brutalement l'assiette dans une direction opposée à celle de son frère puis empoigne son carnet afin de justifier cette attitude. Tom hausse les sourcils, l'air dubitatif. « Plus faim » est tout ce qu'il ajoute pour ne pas blesser son ego.


++++++++++++++++--+++++++_ Ellipse de 5 heures_+++++++++++++++++++++++


Sa paume dérape, glisse trop rapidement d'une case à l'autre. Le son que produit sa guitare lui irrite les tympans mais il persévère. Il croit en lui, il y parviendra.

[ ... ]

Son dos heurte de plein fouet les marches les unes après les autres. Il tend les bras vers le ciel tant qu'il peut, espérant encore pouvoir se rattraper à la rampe. Il espère encore pouvoir éviter de tout dévaler. Sa vue se trouble, tous ses sens se meurent. Au loin, il perçoit la voix de Bill, son petit frère à qui l'on hurle de se taire.

[ ... ]

Des bruits de pas raisonnent dans la cage d'escalier. Il n'y prête pas attention et persiste dans ses fausses notes. Toute sa concentration est portée sur le corps de sa guitare jusqu'à l'instant où sa tête bascule en arrière sous cette force qu'il ne connaît que trop. Il redresse le front et croise son regard plein de fureur. Son visage, d'habitude si protecteur, est déformé par la déception et la honte. Tom se lève énergiquement, lui assène un coup de poing magistral auquel il ne répond pas. Comment n'a-t-il rien pu sentir ? Comme si sa main le traversait. Cet homme qui, si proche de lui en temps normal, n'est plus qu'un inconnu, ne le regarde même plus. Ses yeux se perdent au niveau de son nombril. Comme s'ils étaient captivés par ce qui se tient dans son dos. Instinctivement, Tom pivote et refuse de croire ce qui se déroule face à lui. Hadrien, étendu au sol, se tient la joue dans les mains, n'osant se plaindre à haute voix.

[ ... ]


« Oui, Bill. Lui aussi est tombé dans les escaliers. »


[ ... ]

Ses paupières refusent de s'ouvrir. Elles sont closes et le resteront. Peut-être parce qu'il ne sent plus la force en lui de subir tout ça. Sa présence dans cette pièce le bouffe un peu plus à chaque instant passé. Il l'imagine s'avancer à nouveau vers ce corps si vulnérable, tendre le bras après que cette paume si grand ne vienne gifler ce visage si petit. « Pardon, pardon. Pardon. » Cette voix se répercute autour de lui, en lui. Il pourrait presque croire que c'est la sienne.


_____Soudain, un bruit retentit. L'un de ces bruits inquiétants qui vous donnent l'impression que vos os vont se briser tant ils sont forts. Fracassants. Déchirants. Perçants. Probablement que le tonnerre mais cela ne le rassure as pour autant.
_____Il repousse ses couvertures qui l'emprisonnent contre le matelas, s'assied et jette un coup d'½il à son reflet, sur le miroir à sa gauche. Il ressent de faibles picotements sur sa joue quelque peu rosie. Il frissonne et secoue tous ses membres. La sueur qui coule entre ses côtés, le long de ses tempes, parmi ses dreads, lui glace le sang tant celle-ci est imprégnée de tous ces cauchemars précédents. Il scrute chaque recoin de la pièce, redoutant qu'il s'y cache.
_____Un nouvel éclair déchire le ciel. L'électricité traverse son échine, lui suggérant de rejoindre son frère au plus vite. Il n'hésite pas plus longtemps et détale dans la chambre d'en face. Il saute littéralement sur le lit de son frère, se précipite de s'enfouir dans ses draps, ne manquant pas d'éveiller Bill à cette heure si indécente. Ressentant la peur de son jumeau, il l'invite à s'approcher et à se protéger à ses côtés, tout en tenant un drap surélevé et l'autre main tapotant le matelas près de sa hanche. Le dreadeux accepte immédiatement et se colle tant qu'il peut au corps de Bill. Le besoin de sentir cette présence humaine et physique contre lui, cet être inoffensif mais suffisamment fort que pour les protéger du monde entier. Bill enserre ses épaules de son bras, lui signifiant qu'il est là. Seulement lui, personne d'autre. Juste eux deux. Surtout pas ce monstre qui le hante à nouveau. Car oui, Bill a perçu la détresse de son jumeau comme si elle était sienne. Tom ne lui explique pas, Bill ne le réconforte pas. Ils se suffisent. Au fil des minutes qui s'écoulent, Tom s'apaise, sa tête reposant sur l'épaule de son double. Ils finissent pas s'assoupir, dans les bras l'un de l'autre.


_____Le lendemain matin, Tom agit comme s'il ne s'était absolument rien passé, comme s'il avait tout effacé inconsciemment.

_____Tôt dans la journée, il s'empare de quelques fringues, les enfile à la va vite et interpelle Bill.

- Bon, c'est pas tout ça mais rester cloîtré, c'est pas mon truc. J'vais faire de l'escalade avec les G's.

_____Devinant le regard perplexe de son interlocuteur, Tom se défend.


- Oui de l'escalade. Je te sens venir d'ici. Je sais, j'ai le vertige. Mais raison de plus ! s'encourage-t-il, sur un ton qui se veut enjoué, ramenant son poing vers son visage en signe de grande conviction.

_____Avant que Bill n'ait eu le temps de s'emparer de la moindre feuille pour l'interroger, il passe le seuil de la porte, le salue et lui précise qu'il sera de retour dans quelques heures, tout au plus.


+++++++++++++++++--++++++_ Ellipse de 1 heure_+++++++++++++++++++++++

_____Il aura longuement hésité, effectuant de nombreux détours dans la ville, au volant de sa Cadillac dernier cri. Cependant, il se tient droit comme un i devant le tourniquet de cet hôpital qu'il s'était fait une joie de quitter la veille même. D'un pas mal assuré, il se dirige vers l'accueil. Il balaye des yeux les lieux et se souvient à quel point il s'y était senti perdu et mal. Il s'immobilise au beau milieu du hall, ne sachant plus s'il tient toujours autant à se mêler de ça.


- Je peux vous aider monsieur ? s'impose la secrétaire.
- Euh. C'est-à-dire que non, vous n'pouv-, s'interrompt-il soudainement.

_____Des images en cascade lui reviennent en mémoire, toutes lui rappellent ce visage angélique et sans défense. Hadrien.


- Euh si, tout compte fait. J'aimerais rendre visite à Hadrien.
- Quel est son nom de famille ?
- Sais pas.
- Je ne peux pas vous aider dans ce cas. Et seuls les membres de la famille sont autorisés aux visites à cette heure-ci.
- Je suis un cousin du côté maternel, je ne connais pas son nom, ment Tom.
- Hm, très bien. Je vais jeter un coup d'½il aux fiches informatiques.

_____La femme pianote lentement sur le clavier, cherchant sans réelle conviction. Cela agace le guitariste au plus haut point.


- Hadrien avec un H. Un p'tit gars de six ans. Blondinet.
- Sa couleur de cheveux ne m'aidera pas dans mes recherches, monsieur... Ah ça y est je crois... Hadrien Matilord.
- Oui, oui ! C'est ça ! Où est-il ? Quelle chambre ?
- Désolée monsieur, mais il n'est plus des nôtres.



_____Il se fige. Le temps s'arrête. Il n'est plus des nôtres.


________________________________________________________________

Teddy & Gummy prennent la parole...

Nous souhaitons remercier nos premiers lecteurs pour avoir pris le temps de découvrir cet univers que nous construisons petit à petit...
Le personnage de Tom semble vous laisser bien perplexe =) Patience, les réponses arrivent.

Nous sommes impatients d'avoir vos réactions quant à ce second chapitre écrit dans l'obscurité nocturne.



A bientôt.

# Posté le mercredi 30 juillet 2008 16:53

Modifié le jeudi 28 août 2008 11:25

[ Kapitel Drei ]Une médecine douce...By Gummy & Teddy.

[ Kapitel Drei ]Une médecine douce...By Gummy & Teddy.
_____Des coups répétés le sortent de ses rêveries. Des heures que Bill est plongé dans l'intrigue qui met en scène Michael Scofield et ses acolytes. Plusieurs secondes lui sont nécessaires pour réaliser que ces bruits ne proviennent pas des baffles de son home cinéma ultra perfectionné mais bel et bien de sa porte d'entrée. Abasourdi par sa lenteur d'esprit, il se lève d'un bond et accourt joyeusement, curieux de découvrir qui peut bien venir lui rendre visite. Il ouvre la porte à la volée et se fige. Le bonheur de la retrouver, enfin, l'envahissant. S'il avait pu faire usage de la parole, il se serait récrié à travers tout le hall. Subitement, il lui saute au cou, la sert affectueusement. Son étreinte est solide, comme pour ne plus jamais la laisser s'en aller. Dieu que sa maman lui a manqué. La surprise fait place à l'émotion. Oui, elle aussi est heureuse de retrouver son fils. Elle glisse sa paume dans son dos, et le caresse d'une manière rassurante. Elle s'écarte peu à peu pour mieux le contempler. Il a vraiment changé. Elle l'avait vu à diverses émissions, mais rien comparé à la réalité. Il est grand, maintenant. Plus grand qu'elle. Cette constatation lui arrache un sourire qui traduit sa fierté maternelle.

_____Coupant court à ce face à face quelque peu gênant, il saisit sa main qu'il tient fermement dans la sienne et l'attire à l'intérieur, lui indiquant tous les coins clés de l'appartement. Il lui désigne le fauteuil, lui intimant de s'y installer et file dans la cuisine leur chercher quelques encas et rafraîchissements. Pendant cette brève absence, Simone guette l'arrivée de son second fils. Ne vivaient-ils pas ensemble ? C'est pourtant ce qu'un hebdomadaire racontait, mais peut-être s'est-elle trompée ...



_____Tom se passe de l'eau une dernière fois sur le visage. L'eau dévale le long de son cou, poursuit sa course sur son torse et s'enfouit dans le creux de ses genoux après avoir longé ses cuisses. Un léger frisson le parcourt. Il replace le pommeau de la douche au dessus de sa tête et attrape à tâtons la serviette posée sur le lavabo.
Il s'essuie sommairement avec pour l'enrouler ensuite autour de sa taille. Il peine à la nouer au niveau de sa hanche mais y parvient finalement, se félicitant mentalement. Le sentiment d'être enfin propre, il s'apprête à sortir et à aller dans sa chambre mais se ravise au dernier moment. La chaleur ayant raison de lui. Ses pas le guident vers la cuisine lorsqu'il entend des voix et que son regard s'attarde dans la direction du salon. Des cheveux roux en bataille dépassent du dossier du fauteuil. Sa mère ? Est-il vraiment possible que leur mère soit chez eux ? Là, maintenant ?
Tom n'en revient pas, il presse le pas pour la rejoindre. Ils ne se sont plus vus depuis tellement de temps qu'il ne voudrait pas retarder encore plus leurs retrouvailles. A l'instant même où Tom passe la porte de la pièce, un homme se positionne derrière sa mère, posant ses mains imposantes sur ses épaules. Il se pétrifie. Plus aucun de ses muscles ne répond. Il reconnaît ces mains. Il est là, chez eux. Chose qu'il n'aurait jamais crue possible.


- Gordon, chéri, tu peux aller voir si Tom a fini ?
- Bien sûr, Sissi.


_____Cette voix le transperce, déstabilise ses sens, bourdonne en écho dans son crâne. Pas à pas, il recule dans le couloir avant de faire volte face, de s'enfouir à toutes jambes dans sa chambre et de s'y enfermer à l'abri. Il s'assied sur son lit. Attrape ses genoux dans ses bras et les attire jusqu'à son torse. Il se perd dans le néant. Ses yeux fixent obstinément cette porte qui lui fait face. La clenche bouge vivement jusqu'à ce que la personne derrière se rende compte qu'il s'y est enfermé. La tension monte d'un cran. Il n'est plus très loin. C'est alors qu'il perçoit un petit papier glisser sur le parquet. Perplexe mais toujours prudent, il s'approche de la porte et le saisit entre son pouce et son index. « C'est moi ». Tom souffle de soulagement, tourne la clef dans la serrure et attire Bill dans la pièce avant de refermer soigneusement derrière eux. Il se dirige à nouveau vers son lit et reprend sa position foetale. Bill le rejoint, le regard rivé au sol, honteux d'avoir laissé pénétrer ce monstre dans leur havre de paix. Peut-être pour se protéger ou alors se sentir plus proche de son jumeau, il se recroqueville à son tour, adoptant la même position que ce dernier. Les secondes s'écoulent lentement, chacun évitant soigneusement de croiser le regard de l'autre comme si ce simple contact visuel suffisait à rappeler leur souffrance intérieure. Le brun ose se déplacer faiblement vers Tom laissant ainsi leurs bras se frôler légèrement. Tom, rassuré, penche la tête vers la droite de manière à la reposer sur l'épaule de son frère. Confiant, celui-ci se repousse du matelas, se lève et se place face à Tom. Il s'agenouille délicatement à sa hauteur. Il saisit ses mains entre les siennes afin de le contraindre à relâcher la tension de ses muscles dans un mouvement infime du pouce contre sa peau. Il relève la tête et se plonge dans ses yeux emplis d'effroi. Tom rend l'intensité de ce regard par de profonds soupirs comme pour se donner du courage. Bill abandonne alors les mains de Tom pour remontrer les siennes vers son visage qu'il encercle de ses longs doigts. Il exerce une pression minime contre ses joues, approchant peu à peu son front du sien. Il lui adresse un petit sourire apaisant. A la vue de la mine toujours aussi terrorisée et pâle du blond, il lui souffle dans la figure dans l'espoir de détendre l'atmosphère, voire même de lui arracher un petit rire. Sentant le moment venu, Bill se redresse enfin, tendant le bras dans la direction du guitariste. Ce dernier la saisit et se laisse hisser jusqu'à lui.

- Tu permets au moins que je m'habille ?

_____Bill lève les yeux au ciel, se retourne, non gêné par la nudité de son frère, mais par réflexe. Tom enfile à la va vite un caleçon ainsi qu'un baggy et un tee shirt, sans se soucier de savoir si oui ou non ceux-ci sont accordés. Ensuite, il reste planté là à toiser cette porte comme si elle était sa pire ennemie. Bill fait volte face s'étant aperçu que son frère était fin prêt, du moins physiquement parlant. En effet, le visage de Tom se tord dans une expression d'angoisse et de peur intense. Bill, lui, plus serein, encourage d'un signe de tête son jumeau à le suivre et à rejoindre leurs parents. Dans un regain de confiance, peut-être dû à l'assurance contagieuse de Bill, le blond inspire profondément tout en acquiescant, prévenant Bill qu'il est décidé. Les poings serrés, il se dirige lentement vers la porte qu'il ouvre avec détermination. Il s'avance alors progressivement dans le couloir, la peur au ventre, comme s'il craignant que ses forces de l'affronter ne l'abandonnent. Bill le talonne. Le blond entend ses pas résonner tout autour de lui ce qui l'encourage à continuer. Il passe finalement le pas de la porte et atterit dans le salon où deux regards se posent bientôt sur lui. Sa mère saute sur ses pieds et s'élance vers lui afin de l'étreindre comme jamais encore elle ne l'avait fait. Il la sert affectueusement contre son torse, respirant l'odeur à plein poumon, se laissant envahir par cette douce chaleur que lui procure cette présence maternelle. C'est alors que son regard croise le sien. Il se fige, se raidit instantanément alors que son rythme cardiaque s'accélère au fil des secondes. Instinctivement, il repousse sa mère et s'enfuie en direction de la cuisine. C'est en tremblant qu'il se sert un verre d'eau. Il l'amène à ses lèvres, déglutit. Il boit, comme dans l'espoir que ce liquide puisse l'aider à effacer tous ses souvenirs douloureux. Conscient qu'ils ne pourra pas s'éterniser toute la soirée accoudé à cette table, il reprend tant bien que mal ses esprits. Le verre toujours à la main, il retrouve sa famille et s'installe dans le fauteuil en face de Bill. Il se racle la gorge et engage la conversation. Un discours maladroit vaut toujours mieux qu'un silence pesant.

- Hm, réfléchit-il. Alors qu'est-ce qui vous amène ici?

_____Sa mère lui sourit tendrement.

- Prendre de vos nouvelles, mon chéri. Vous nous avez manqué, assure-t-elle.

_____Il grimace à l'entente de ce nous. Comment peut-elle croire que leur absence ait pu changer le quotidien d'une personne comme lui ?

- J'espère que tu prends bien soin de Bill.
- Bien sûr maman. Je joue mon rôle de grand frère à la perfection.

_____A cette réplique, Bill pousse un soupir, qui ressemble plus à un sifflement entre ses dents.
Leurs mère ignorant les pics que ses fils se lancent mutuellement, se tourne vers le brun.

- C'est dommage que tu ne puisses plus chanter...

_____Tom s'apprête à prendre la parole, ressentant la réponse de son frère comme si c'était la sienne, lorsque ce lui qu'il fuit depuis presque trois ans le coupe et prends la parole. Sa voix s'élève sourdement dans la pièce, se répercutant contre les murs, s'insinuant en lui comme la plus horrible des mélodies. Un frisson de dégout et d'effroi électrise sa peau alors que son coeur loupe un battement.

- Heureusement, Tom ne s'est pas cassé le bras. Au fait, Tom, comment cela se passe à la guitare ?

Cette phrase lui assène un coup invisible. Il n'aurait jamasi cru l'entendre à nouveau. Ses doigts se contractent autour du verre. Il le serre de toutes ses forces comme pour lui donner conscience du temps présent. Qu'aujourd'hui, il n' aplus aucun droit ni pouvoir sur lui. A le tenir si nerveusement, l'objet lui glisse des mains, atterit bruyamment en mille morceaux au sol dans un fracas insoutenable. Tous se retournent vers lui, l'interrogeant du regard. Il leur adresse un petit sourire confus, avant de se baisser pour ramasser les éclats.

- Ah, Tom... Toujours aussi maladroit.

_____Le concerné ne réagit pas. Pour toute réponse, il contracte à nouveau ses poings pour se contenir. Gordon se lève afin de l'aider. Alors qu'il a effectué la moitié de son mouvement, Bill le repousse brutalement contre le dossier et s'agenouille devant son frère. Tous les deux, ils rassemblent tous les morceaux et s'en vont dans la pièce attenantes pour les jeter à la poubelle. Bill profite de cet instant d'intimité pour le prendre dans ses bras. Il l'attire contre lui, l'assure qu'il est à ses côtés. Il abandonne l'une de ses mains entre ses deux omoplattes pour le frictionner. Le coin droit de ses lèvres s'étire petit à petit en un sourire crispé. Alors c'est ça, tout n'est donc qu'un éternel recommencement... Lui sera constamment persécuté même silencieusement par cet autre lui. Bill sera toujours le reconfortant tandis que lui demeurra le réconforté. Il est faible, Bill est fort. Bill est sa drogue, son oxygène. Cet être lui étant vital pour parvenir à avancer sans constamment se retourner sur son passé. Un sourire parvenant à effacer ces larmes versées. Un éclat de voix remplissant ces différents vides creusés au fil du temps. Une caresse, ne sait-ce qu'éphémère pour panser ces blessures profondes trop longtemps enfouies.
Oui, il est cette médecine douce apaisant ses maux, aujourd'hui il en est certain.

# Posté le lundi 04 août 2008 17:13

Modifié le mardi 09 septembre 2008 15:22